
Cette semaine, les nouvelles ne sont pas bonnes.
Par un malheureux concours de circonstances, deux visionnaires dans des domaines très différents, nous auront quittés à quelques jours d’intervalles.
Mercredi, ,nous apprenions la disparition de Göksin Sipahioglu. Journaliste, photographe, il a marqué le monde du photojournalisme par sa personnalité et son sens du « scoop » .
Savoir sentir qu’un événement méritait ou pas d’être couvert par un photographe n’est pas donné à tous le monde. Göksin Sipahioglu avait ce sens de l’anticipation sur l’avenir, sur la tournure que prendraient les évènements. Ce flair associé à un coté plutôt aventureux ont fait qu’il a signé quelques uns des plus beaux coups journalistiques de la deuxième moitié du XX ème siècle. La crise des missiles à Cuba, le printemps de Prague, la prise d’otages lors des jeux olympiques de Munich, et j’en passe.
En 1969, il crée l’agence SIPA. Découvreur de talents, il donnera sa chance à toute une génération de photographes qui feront de SIPA, avec Gamma et Sygma, l’une des trois grandes agences de news françaises, de 1975 aux années 2000. Puis vint le déclin. Ayant toujours refusé de vendre SIPA à Corbis ou à Getty, en 2001, il ne pourra s’opposer à la reprise de l’agence par Sud Communications, le groupe de Pierre Fabre. Resté à la présidence après la cession, il en sera écarté en 2003, et SIPA passera aux mains de l’agence allemande DAPD en 2011.
A 84 ans, nous a quitté le mercredi 5 octobre 2011, un Monsieur qui aimait les gens, les photos et les femmes.
Jeudi 6 octobre au matin, Steve Jobs nous a quitté, lui aussi. Le créateur d’Apple, avec Steve Wozniak, c’est éteint des suites d’un cancer du pancréas à l’âge de 56 ans.
A l’origine de plusieurs révolutions dans le monde de l’informatique, Steve Jobs aura su imposer par son caractère et son obstination, ses visions de ce que devait être l’informatique de demain. Ses détracteurs diront même qu’il a su rendre indispensable l’inutile.
Steve Jobs incarnait le rêve américain dans toute sa spendeur. Parti de rien, au fond d’un garage, il fondera en 1976 avec Steve Wozniak, Apple, la marque à la pomme, avec l’idée qu’il est préférable de vendre un appareil qui soit beau et pour ce que l’on peut faire avec, plutôt que pour ce qu’il serait capable de faire.
En 1984, est présenté au grand public le MacIntosh mais les débuts sont difficiles face à la concurrence. Steve Jobs sera écarté de la présidence d’Apple au profit de John Sculley.
Les vingt années suivantes verront Steve Jobs se consacrer à faire de Graphics Group, qu’il a racheté à Georges Lucas, la société Pixar qui signera des succès cinématographiques comme Toy story, Nemo, …
Dans les années 1990, Apple, au plus mal fait revenir au bercail son créateur, qui a maintenant les coudées franches pour révolutionner l’informatique dans notre quotidien. De l’Ipod, lecteur MP3 à la tablette Ipad, en passant par l’Iphone, Steve Jobs, aura largement contribué à mettre un ordinateur dans une poche.
Inspirateurs de nombreux créateurs de start-ups, Steve Jobs avait dit en 2005, à Stanford, « Soyez insatiables, soyez fous ».
Fous, nous essayons d’être, mais nous sommes quand même un peu triste.
Xavier Delaporte